Etre ou ne pas être un artiste contemporain...



Récemment, suite à projet d'exposer ma série ART en contrepoint d'ouvrages traitant d'Art contemporain ou d'artistes contemporains, me fut opposé que mon œuvre n'était pas l'oeuvre d'un artiste contemporain.


Entre amusement et agacement de découvrir que « Je », ni mon œuvre, n'étions... je m'interrogeai :


- étais-je ou n'étais-je pas un artiste contemporain ?


Innocence perdue quant à ma place d'artiste dans le monde actuel de l'Art, qui ne me reconnaît aucune contemporanéité, une fois digéré ce diktat étonnant qui m'excluait et me reléguait dans un « no man's land », j'ai souhaité comprendre comment ou pourquoi.

Il fallait creuser le sujet.

Point trop besoin de creuser d’ailleurs pour découvrir combien le terme « Art Contemporain » est objet de querelles, de controverses, de définitions contradictoires, de malentendus, de dénigrement ou de suffisance élitiste.

L’Art Contemporain révèle des fossés d’incompréhension, des mirages, des miroirs aux alouettes, des termes qui peuvent sembler antipathiques comme spéculation, destruction, transgression, nihilisme, expertise, sectarisme, rétrograde, système et même « Articide » !



M’en tenant naïvement jusqu’alors au premier degré, stricto sensu, « contemporain » signifie « qui est du temps présent » (in Larousse de poche).

A ce compte, l'homme de Lascaux, Le Titien, Picasso, (tels autant de Monsieur Jourdain qui s'ignorait prosateur) faisaient de l'Art contemporain ainsi que tout artiste qui crée, aujourd'hui, toutes techniques et supports confondus.


C'était sans compter sur les milieux institutionnels (musées, centres d'Art, écoles et autres DRAC...) marchands ou journalistiques, tout particulièrement en France !

Un consensus s'est dessiné autour d'une définition restrictive de l'art contemporain qui dénigre les modèles esthétiques classiques.

Il n'est plus question de chronologie mais d'établir les propriétés artistiques d'une nouvelle catégorie esthétique qui se joue à tous les niveaux (esthétique, économique, juridique, discursif, institutionnel).

« L’œuvre contemporaine repose essentiellement sur la transgression des frontières de ce qui est communément considéré comme de l’Art » et devient une « expérience des limites, la transgression d’une norme » (Nathalie Heinich – in Le pargadigme de l’art contemporain). Il y a recherche de sensation et non plus d’élévation spirituelle - Art Classique, ou d’émotion esthétique – Art Moderne.


« L’Art contemporain ne se reproduit pas, il se raconte ». Le récit permet « d’étendre l’œuvre au-delà de l’objet, soit parce qu’il n’y a plus d’objet (installation, art conceptuel, performance), soit parce que l’objet n’a plus de valeur spécifique (ready-made, cf l’urinoir de Duchamp – 1917).

Donc, « le mot contemporain n’est pas un terme chronologique, mais un terme générique qui désigne une catégorie d’art »… postérieure à 1945 et « répondant à un certain nombre de critères ».

Pour rester synthétique et un brin provocatrice, une possible définition empruntée à Nathalie Heinich énonce : « Est déclaré contemporain tout ce que l'Etat désigne comme tel ».

Ou encore : « L'Art n'est plus fait par ceux qui avaient coutume de le faire mais par ceux qui le montrent : c'est le monde de l'art qui fait l'art ».



Si l’on se réfère à ces définitions de théoriciens, et sans porter de jugement sur la qualité et l’intérêt des œuvres produites, « l’art contemporain est un mouvement très gourmand en moyens technologiques, en argent, en espace, … qui frise actuellement l’académisme d’état » (MF Lequoiy-Poiré in « Les temps d’Arts »).


Et la peinture figurative n’y a pas sa place !


Or, ce système exclut nombre d’artistes contemporains talentueux de premier plan ou qui le deviendront, Vladimir Vélicovick, Lydie Arichx, Lucian Freud, Anselm Kiefer, Gérard Garouste, Miquel Barcello, Philippe Garel, Ernest Pignon-Ernest, Jörg Hermle, Eduardo Zamora, Claire Tabouret, pour n’en citer que quelques uns parmi mes préférés … et dont les œuvres, je le crois, continueront à émouvoir, interpeler, accrocher l’œil et le cœur, longtemps après qu’auront disparu la plupart des produits conservés dans certains musées.


Alors ?


Ne pas être un artiste contemporain n’empêche nullement de réfléchir sur son temps, sur l’art, sur l’acte de créer, sur le regard porté, celui des autres, le sien, et de creuser cette réflexion par une série de peintures qui racontent des histoires sur et autour de l’art.


La perspective d’être hors cadre, hors champ, hors de tout académisme institutionnel est un sentiment extrêmement réjouissant, rafraichissant, libérateur.

Vive l’art libre !


Plus que les techniques ou les mediums mis en œuvre, sont essentiels la sincérité et la profondeur du propos, la capacité à transmettre une émotion, la persévérance dans l’obstination à chercher, à créer, qui feront que, certains prendront la route.


Pour visiter le musée imaginaire d’Art Contemporain par le pinceau d’un peintre vivant, non officiel et non subventionné, cliquer sur le lien !

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Catherine Dhomps