Des blondes s'habillent en noir car ce contraste leur attire des carrés d'hommes. C'est, à quarante pour cent, croient-elles, la clef de leur succès...

 

Or Catherine Dhomps multiplie les couleurs, les tons, les étoffes, les dessins étranges, et tout un monde où l'oeil se perd. Elle n'est pas là où son charme devrait piéger. Elle vagabonde dans son âme, comme dans ses toiles, où l'oeil pourtant précis montre à vif des figures drôles, des villes, des arènes, des artistes, de petits chiens, des taureaux tordus, des corridas où le sang ne coule guère. Jamais un contraste simple, ou une formule qu'on pourrait réduire à quelque idée carrée, dont on trouverait la clef en se prenant la tête au noir, car hantent tant de choses ces petits mondes que le rire rôde...

 

 

Pourtant tout n'est pas drôle. Une mélancolie habite ces fêtes de couleur. L'éclat fait parfois deuil. La naïveté apparente indique un douloureux travail. La fraîcheur est délicatement triste.

Catherine Dhomps se plaît aux corridas où l'ombre vibre parmi les splendeurs, mais la mort n'est pas son Dieu.

Sa présence multiplie les paroles et les gestes. Elle fait sillage vif de rêves.

 

Dans ses tableaux tranquillement pervers l'oeil s'apaise et s'aiguise. Il s'enchante à regarder clair avec un arc-en-ciel de discrétion.

 

 

Camille Amadeus Colombetto

 

 

 

Catherine Dhomps