Le trityque de la lumière (suite)

Comme je l'écrivais précédemment, le triptyque de la lumière contient une histoire à l'intérieur du tableau. 

 

Il faut revenir au panneau central et nous attarder sous la lampe avec les personnages assis autour de la table.

Ils sont nés de mon imaginaire, sans volonté autre que celle du hasard de la création.

L'esquisse de ce panneau et les premières ébauches sont antérieures de presque deux ans au triptyque achevé. J'y travaillais en novembre 2001.

 

Quelques mois avant, Martine Favier,  responsable du Centre Culturel Bonnefoy, me contacte en vue d'exposer mes oeuvres. Le lieu, superbe et vaste permet d'associer un autre artiste, de préférence, un sculpteur ou un plasticien. 

 

- Que dirais-je des sculptures de Denis Bones ?

 

Je ne connais pas l'artiste, mais j'ai adoré ses totems facétieux dressant leurs petites tronches énigmatiques au haut de longs cous graciles, apportant  une touche légère et décalée dans le dernier Salon des Méridionaux.

 

Arrive le jour du vernissage… du monde partout, des amis, beaucoup d'inconnus…

Je suis dans un tourbillon… ce n'est pas désagréable. Et l'organisatrice de l'évènement me prend par le bras :

- "Venez, je vais vous présenter l'un à l'autre, puisque vous ne connaissez pas Denis…"

 

L'homme qui se tient devant moi est  le sosie de mon personnage central, assis sous la lampe. Grand, l' oeil pétillant de malice, même moustache blanche, il est coiffé d'un chapeau et d'un manteau à l'identique. 

 

J'en reste interdite. 

 

Je luis dis  mon étonnement, comment il est ébauché sur un tableau en devenir, resté chez moi.

 

- "Et en plus, vous avez peint ma fanfare" !

 

Il me tire par la manche jusque devant le tableau "la fanfare", peint après que j'aie croisé la fanfare Tonton a Faim, dans un petit village du Minervois. 

 

- "Là, cette fanfare représentée sur la toile, c'est moi qui l'ait créée ! Je regarde vos tableaux, et qu'est-ce que je vois ? Ma fanfare !"

 

Le hasard des coïncidences ou la coïncidence des hasards est bien mystérieuse qui permet à l'imagination de se projeter vers un réel qui vous rattrape facétieusement et tisse des liens invisibles, et pourtant palpables, qui croisent le rêve et la vie.

Le triptyque de la lumière - panneau central

 

Chaque homme, dans sa nuit, marche vers la lumière

Catherine Dhomps