Un poète a écrit que "la place Pinel est un lieu résolument quelconque, donc apte à tout".

Place Marius Pinel à Toulouse, il y a un jardin avec des arbres, une pelouse, quelques bancs, du sable dans les allées, des poubelles et un kiosque remarquable, œuvre de l'architecte Jean Montariol ; remarquable en effet, car toute tentative de vouloir y jouer de la musique échoue, les sons restants prisonniers de la coupole en béton.

Au fil des ans, des équipements divers sont apparus dont un boulodrome, une aire de jeux et l'incontournable espace canin.

Certains affirment que ce lieu est le centre du monde. A la nuit tombée, il devient objet de rêve, de réflexion et d'action : les poètes investissent l'espace et créent le mystère.

Ici, nul mystère apparent.

Le bouliste rentre chez lui. Les enfants ont délaissé l'aire de jeux pour jouer librement. Les mémés toulousaines bavardent paisiblement. On commente les nouvelles de la Dépêche du Midi, sur un banc. Les chiens ne savent pas lire les panneaux. Le kiosque sert d'observatoire. Un résident du quartier promène un chien qu'il ne possède pas. Un autre ne résiste pas à la curiosité et fouille méthodiquement une poubelle.

Il fait jour, le mystère est à venir...

Le square Marius Pinel

Catherine Dhomps